dimanche 8 février 2026

Sortie dans l'Aude - 6 février 2026

Rédacteur : Pascal
Participants : SCMNE : Pascal. SRSASR : Julien, Mathieu.
But : fixer une partie de la passerelle et prendre des photos des échelles.
Région : Aude
TPST : 8h
 
 
 

J’avais demandé à Julien des photos des échelles qu’il était en train de placer pour une cavité extraordinaire de l’Aude. Patron de sa petite entreprise de métallurgie, cordiste et très pointu concernant le milieu souterrain…

Je lui avais évoqué le cas d’une grotte emblématique chez nous qui nécessiterait une refonte d’une partie des équipements : grotte dont nous avions la gestion ; car en site classé. Il me demanda si j’aurais voulu venir : prendre des photos, et aussi lui donner un coup de main sur deux ou trois bricoles… Ok, nous avions déjà fait quelques sorties ensembles et je le connaissais.

Réveil à 5 h 30 du mat. Le temps de boire quelques cafés, nourrir les chats, ranger le matos dans la caisse : le temps passe vite. Je décolle vers 7 heures. M’arrête à la station service du coin. Le plein. Vérification de la pression des pneus. En route !

Le GPS te donne une heure de départ et d’arrivée, mais en vrai tu mets toujours plus de temps : il ne calcule pas les impondérables… J’arrive donc au point de RDV à 10 h 40 sur le petit parking de terre ; quelque part dans le Minervois…

Julien débarque à 11 h 00. On se salue, on discute un peu, et son pote Mathieu arrive lui aussi. On enfile nos combis, baudriers et tout ce qui va avec.
Petite marche d’approche de quelques centaines de mètres et là, nous arrivons devant ce qu’il me dit être comme un truc magnifique. Donc nous nous trouverions devant un morceau du paradis. Cool…

Portes bunkérisées ouvertes (2), nous commençons à descendre dans un dédale d’étroitures (pas trop) verticales. Tout descend.
« Après le passage du chaos, ça ira mieux », qu’il me dit, le Julien.

Quelques Etais ici et là soutiennent des blocs. Puis on attaque vraiment la descente : un puits là, un autre ici, un très étroit, un que l’on descend longé, encore plus étroit… Nous n’en finissons plus de descendre.
Arrivés tout en bas, je me demande comment va être la remontée. Ces derniers temps j’ai le dos de plus en plus raplapla, une forme physique de merde : je ne cours plus, rien… Mais ce n’est pas fini, à présent il faut encore franchir un gros vide par une espèce de vire aérienne encordée, avec quelques marchepieds en ferraille disséminés au compte-gouttes. Et plus loin, une fois la vire franchie, tout en bas, j’aperçois la première échelle qui remonte vers d’autres galeries : certainement celles du paradis promis... Nous sommes à moins 140.

Les deux premières échelles grimpées, nous nous retrouvons au carrefour des galeries supposées paradisiaques, une passerelle en inox doit conduire à la galerie de droite et l’échelle (pas encore fixée) sur la gauche, plus haut, dans la deuxième galerie : celle de la sapinière, je crois... Julien commence à installer une partie de la passerelle et nous demande de lui monter les autres éléments, plus haut, là où se trouve le départ de la « sapinière », et de tout poser au sol. Puis, n’ayant plus rien à faire, pendant qu’il coupe, visse et ajuste les parties métalliques de la future passerelle, nous montons voir la première galerie, non sans avoir pris auparavant des photos des échelles et de la plateforme.

Là, pourtant habitué à ce genre de concrétions, je suis halluciné. Les mots sortent seuls, sans contrôle. JAMAIS VU UNE CHOSE PAREILLE ! Ô PUTAIN, MAIS C’EST QUOI TOUT CA  !?

Il n’a pas exagéré le Julien : C’EST LE PARADIS DES ARAGONITES ACICULAIRES !

Je croyais avoir tout vu avec la grotte de Pousselière et d’autres. C’est une vision d’une beauté minérale impossible à trouver à la surface ; il y a des aragonites de partout et qui me déchirent les rétines. Comment est-ce possible un truc pareil ? On pourra m’expliquer que si la cristallisation + la capillarité, le taux d’humidité, un léger courant d’air, la gravité neutralisée par l’effet de force de ci et de là... moi, je reste sans réellement comprendre l’équation. Tout ce que je sais, c'est que j’ai en face de moi une explosion de petites galaxies dans une phase d’expansion qui se serait juste figée ; là, à quelques centimètres de mes yeux... Figées dans le temps ; peut-être rien que pour que nous puissions mieux les observer et tenter de déchiffrer une formule entre la magie et la physique ! Les parois et les plafonds en sont recouverts sur des mètres et des mètres carrés.

...

Au bout d’un moment, nous repartons. Nous passons devant Julien qui continue sa métallurgie, puis redescendons la galerie de gauche. Pareil… sauf que là, il y a une forêt d’aragonites qui poussent comme des sapins au sol. Du jamais vu non plus.

Évidemment, Mathieu et mézigue quittons nos combis, etc., pour ne pas souiller le lieu. Nous parcourons la zone, scotchés par tant de beauté minérale.
Difficile de trouver à nouveau des superlatifs pour décrire ce que nos yeux découvrent !!!
Le volume des salles et des galeries devient de plus en plus conséquent à ce niveau. Ma GoPro enregistre.

Au bout d’un moment , alors que le temps s’était arrêté, faut bien s’arracher à la contemplation et songer à remonter… Je suis anti-porte de grotte, mais dans ce cas de figure on se rend bien compte qu'ici nous ne nous trouvons pas dans un trou de blaireau de 30 mètres avec deux fistuleuses, c’est tellement unique, tellement dense, tellement tout, qu’il faut vraiment protéger cet endroit et ils s’y sont employé d’ailleurs...

Julien va continuer à ancrer la passerelle, il n’a plus besoin de nous. Mathieu et mézigue reprenons donc le chemin du retour.

En haut de la remontée du plan incliné, même avec les marches creusées dans la terre je sens déjà mes jambes couiner et mon souffle accélérer. Aïe… je sens que je vais en chier.

Effectivement, j’en chie sa mère.

Après la vire acrobatique, plus loin, nous crapahutons une espèce de faille/puits que l’on remonte en mode horizontal : impossible de passer mon sac. J’ai oublié mon kit et dois me trimbaler un sac de rando qui accroche partout. Mathieu vient de franchir l’ultime étroiture de la faille. De mon côté je me retrouve en appui sur deux minuscules marches naturelles de calcaire. Mes jambes s’épuisent. Je peste, j’insulte ce putain de sac que je n’arrive pas à enlever de mon dos et qui me bloque. Ça brûle les cuisses de rester en tension isométrique. Je suis longé, mais pas envie de me retrouver suspendu sur ma longe ; en dessous ça plonge !
Le sac finit par décrocher et se fout le camp en bas.

- « Oh putain, mon Nikon est dedans : merde merde merde !!! »

Je redescends à moitié à reculons. (Je ne raconterai pas toutes les saloperies sorties de ma bouche.). Une fois tout en bas j’ouvre le sac qui a atterri sur des gravats de roche : apparemment l’appareil n’a pas trop souffert. Mais être resté aussi longtemps bloqué m’a défoncé les jambes. Mathieu me rejoint et vient récupérer mon sac. - « Putain mec, tu mérites de boire de ma bière une fois dehors ! »

Cette fois ça passe mieux. Mais nous n’en sommes qu’au début : il en reste, de la remontée…

***

Lorsque Julien sort, juste après moi — il a failli me rattraper — il est 20h40.
Nous devions sortir vers 16 h 00 !

Et comme je suis très… euh ? Très moi, quoi, j’avais perdu mes clés de voiture. Je m’en étais aperçu juste avant de rentrer dans la grotte. Mathieu, qui marche devant, les retrouvera à côté de mon véhicule, au sol…

On se change. Le froid commence à se faire sentir.
On discute un peu autour des véhicules.
Mathieu a donc droit à ma bière et… ben rien.
Chacun part de son côté.
Et moi, j’ai encore pas mal de kilomètres à me taper…



Pas terribles les captures écran de la vidéo...


Tronçon de passerelle en cours d'assemblage

Tout n'est pas encore totalement fixé : il manque des ajustages.


Un peu haut sur la gauche, un peu plus haut sur la droite...
Le Paradis des aragonites !
 
 
 

















 

mercredi 21 janvier 2026

Dimanche 18 janvier : interclub à la devèze

Rédacteur : matthias
Localisation : grotte de la devèze (Courniou)
Participants : 8 : Matthias, Isabelle et 6 spéléos d'isère
But : accompagnement sur site classé
Durée : 4h
 
Grosse pluie dans la nuit de samedi et ça continue le dimanche. La visite prévue à la Trayole est donc annulée car les isérois ne veulent pas se changer et faire la marche d'approche sous des trombes d'eau.
Comme ils sont sympa et qu'on n'a rien prévu pour le dimanche matin, on les accompagne à la Devèze. Là c'est grand luxe, on gare les voitures sous l'auvent de la salle des fête puis on court 50m avant d'entrer par l'entrée basse de la grotte touristique. Dans l'escalier d'entrée, on reçoit quand même des gouttes du plafond et les marches sont une interminable cascade ! toute la grotte est en crue, c'est beau à voir et surtout à entendre ! arrivé au mannequin, on remarque que l'équipement hors crue n'est pas optimal dans le puits Armand, heureusement qu'il a une Texair mais il y a laissé une main ...
On quitte le cheminement touristique pour aller visiter les inférieurs jusqu'au siphon fond que l'on ne verra jamais car en dessous de la cloche d'aragonite, on découvre un lac qui noie complètement le canyon terminal 😱
On prend le temps de faire quelques photos des cascades et des aragonites puis on remonte manger au téléphone (seule partie sèche de la cavité). On monte enfin dans les salles du haut car nos invités ne voulaient pas sortir si ils n'avaient pas vu la fée/fileuse de verre 😄
 
 
Baptême très humide pour un T-shirt tout neuf !
La sortie haute est complètement inondée !
 
Une chauve-souris a laissé quelques crottes et nous a cassé trois aiguilles !!!
 
Les plafond d'aragonite n'ont rien à envier au réseau de Roquebleue


des jets d'eau comme à Versailles

Le canyon terminal est intégralement noyé !

Le prototype de cordelette BEAL 6,5mm aura remporté tous les suffrages 



Samedi 17 janvier : interclub à Roquebleue

Rédacteur : matthias
Localisation : grotte de roquebleue (Courniou)
Participants : 8 : Matthias, Isabelle et 6 spéléos d'isère
But : accompagnement sur site classé
Durée : 6h


alors que dit le GPS,

est-ce qu'on est au bon endroit ?? 

Dès 50m, roche et concrétions : c'est l'extase pour les alpins.
 

Petite galette des rois pour se réconforter après la visite de la belle bleue

samedi 17 janvier 2026

Sortie 16 janvier 2026 – Grotte des Fées - Nîmes

Rédacteur : Pascal
Participants : 3 : SCMNE : Cyndie, Pascal C, Pascal H.
But : Petite ballade sous terre devenue spéléo...
Lieu : Nîmes
TPST : 3/4 Heures.
 
 
 


Ils devaient venir dans le coin du coup je les convie chez moi. Rino voulait absolument faire une grotte, pas trop longtemps sous terre quand même. Comme ça ? Euh, la grotte des fées ? La première grotte que j’ai explorée alors que j’avais 11/12 ans. Bof, y a que ça dans le coin à moins de monter plus haut, vers le Pont Saint Nicolas, à la « grotte du barrage » ; mais là c’est un peu plus costaud avec plusieurs km de parcours… Bon ok, ce sera la grotte des fées (qui va vite se transformer en grotte des sorcières) !

On se gare pas très loin de la grotte qui se situe à quelques trente mètres sur le versant de la colline/montagnette. Cachée par la végétation… C’est très curieux de voir cette grotte (qui a un sacré passé historique) sise là ; entourée : en haut en bas à droite et à gauche d’un tas d’habitations et être si près du centre-ville : c’est d’ailleurs ce qui l’a tuée ! Nous enfilons nos combis, pas de baudrier, rien ou presque, peut-être un peu de corde par prudence… Et nous remontons le petit chemin de terre et cailloux...

L’entrée est vaste, magnifique !

Je prends une petite photo des deux tourtereaux qui me fait penser au « Baiser » de Robert Doisneau : bon ok, lui c’était un photographe, moi avec mon smart c’est loin de l’original, mais je trouve quand même cette dernière assez choucarde !

Tout au fond du grand vestibule, un peu sur la gauche, nous pénétrons dans la galerie que l’on doit franchir à quatre pattes, c’est pas long ; cinq, six mètres, puis première salle au plafond assez bas. Rino monte sur la partie élevée où survivent quelques gours…

Puis l’espèce de boyau que de toute ma vie je n’ai jamais vu à sec, on patauges toujours dans l’eau qui devient rapidement boueuse. Je ne sais pas pourquoi, aucun changement, toujours plus ou moins le même niveau… ça ne déborde jamais ni à l’aval ni à l’amont ; on dirait qu’elle est là depuis toujours…

Nous arrivons dans l’immense galerie qui doit mesurer au moins cent mètres ; c’est haut et large… Par contre je ne peux m’empêcher de pester à mort à chaque fois que je rentre dans cette grotte ; elle a été dévastée durant des décennies ; en premier il y a les infiltrations « du dessus » avec de probables « déversements sauvages » d’eaux usées qui se sont infiltrées dans et sur la roche, ce qui laisse parfois traîner ici et là quelques effluves bizarres et d’autres nauséabondes. Ensuite ce sont toutes les concrétions mutilées, pétées, arrachées, cassées, martelées : rien n’a survécu ! Il y avait de partout, il y a fort longtemps, des draperies magnifiques mais elles n’ont pas résisté aux coups de marteaux et autres outils destructeurs. Des stalactites aux stalagmites, petites, moyennes ou grandes, toutes elles y sont passées ; un œil observateur peut d’ailleurs se rendre compte du massacre et observer toutes ces concrétions amputées et reconstruire mentalement le panorama féerique que devait être cette grande galerie… Quelle rage ! Un jour que je nettoyais cette grotte tout en filmant et ma vidéo sur YT, voilà que je reçois un mail d’un gars qui me remercie pour cet acte écologique et m’envoie un extrait d’un manuscrit écrit par son grand-père et qui parle d’une petite exploration dans cette grotte, en 1948, et là on comprend qu’elle devait être vraiment belle ! (Je mettrai l’extrait à la fin).

Fin de la galerie, Sur la gauche, coulée de calcite, petit pentu, colonne, flaque d’eau et boue, et la chatière avec sa gueule de poisson chat. La corde et la sangle sont toujours là. La première fois que je l’avais franchie j’avais donc 12 ans et la dernière, difficilement, c’était il y a deux ans. Entre ces deux époques elle avait été légèrement agrandie. Rino joue les anguilles mais impossible vu « son gabarit » ; il a beau se tortiller mais non… Me concernant, comme je l’ai raconté plus haut, je l’avais déjà passée : à 12 ans, évidemment, l’anchois que j’étais, n’avait pas trop rencontré de problème, encore que ; à cette date la chatière n’avait pas été recalibrée. À mon tour je m’enquille dans l’étroiture et note que je passe moins bien que la dernière fois, tiens donc !? Je dois même forcer, très forcer même ! Hum… ça va que nous avons du matos pour agrandir au cas… Bref, d’un coup la gravité me rejette vers le bas jusqu’au pied de la vasque elle aussi toujours remplie depuis toujours… Vu comme je suis passé j’ai bien peur que je vais en chier pour remonter mais pour le moment je zieute la partie du rocher qu’il faudrait « racler » pour que Rino et Cyndie puissent passer… Du travail en perspective. Rino me descend le perfo mais je me rends compte que de mon côté c’est difficile d’avoir l’angle ; j’arrive toutefois à tomber quelques kilos de roche mais pas là où je voulais, juste que c’est la roche où anciennement il y avait eu un tir qui fragilisait la roche et qui sautait par morceaux au fur et à mesure que je perçais. On arrête, je repasse le perfo à Rino et remonte pour finalement préférer travailler par le haut, mais, je le savais, impossible de passer, j’essaie techniquement, parce que oui, il y a une méthode pour franchir cette chatière ; c’est en zigzagant, aussi ce n’est pas non plus possible… Merde, j’ai aussi beau forcer comme un possédé, RIEN ! Et je commence à m’épuiser. Même avec la corde pour m’aider je n’y arrive pas. J’ai dû prendre du poids et comme la remontée de la chatière se passe contre la gravité et que la roche du dessus est toute granuleuse avec des tas de concrétions pétées, ben ça accroche. Au bout d’un moment, lorsque je ne sens plus mes bras, je prends la décision de redescendre. De me reposer, de boire et de tout enlever : combi et polaire — pourtant fine… Au bout de 5 mn je remonte, m’engage à nouveau dans la chatière — qui elle ne veut pas que je passe, mais comme je l’emmerde, ben, en forçant quand même, j’arrive à passer la moitié du corps, puis plus qu’à se mettre sur la gauche, se tordre un peu, re-forcer, et enfin passer les jambes : et par là même de créer le dictionnaire de jurons que même pas tu verras dans le Larousse ou sortir de la bouche de Bukowski !

Le centimètre gagné en enlevant mes vêtements aura permis de passer, non sans efforts quand même !

Plus qu’à prendre le chemin du retour qui pour le coup est beaucoup plus touristique…

On s’arrêtera pour observer dans une faille (?) un départ de puits aux parois toutes calcifiées, ça donnait envie, mais il faudrait « ouvrir » pour passer nos « gabarits ». Puis je suppose que ceux de l’ASN à l’époque ont dû envoyer un quelconque anorexique pour y aller zieuter… Tout gosse ce puits m’avait échappé et je m’en étais aperçu il y a 6 ans, alors que je jouais à Monsieur Propre en allant ramasser des tonnes de merdes jetées et laissées ici dedans tout au long de la grotte, et fallait voir toutes ces bouteilles de bière cassées jusqu’au fond de la galerie !

Maintenant il fait froid et nous nous grouillons pour aller à la voiture et nous changer… Et surtout mettre nos affaires dans de grands sacs poubelle pour éviter de pourrir la caisse. L’argile de la grotte des fées est l’argile la plus grasse et collante de tout l’univers ! Même avec un Karcher c’est la galère : saleté d’argile !


 
Quelques joliesses restantes...

Le boyaux aux eaux éternelles !

Pfff...



Le petit puits dans une espèce de faille...

De leau, de la boue et de l'étroiture !

En spéléo la boue fait rire !

La chatière vue d'en bas...

Rino au haut de la chatière...

Pour descendre c'est déjà difficile...





Rino prend une photo du petit puits...

Un Rino c'est comme un hippopotame, ça a besoin de boue...





Blocage complet à la remontée...

(Oups ! Une faute à suis - suit)



jeudi 15 janvier 2026

SORTIE 4 Janvier 2026 - Grotte de La Trayolle

Rédacteur : Pascal
Participants : 11. SCMNE : Daniel, Anne-So, Cédric, Julien, Pascal (Rino), Pascal. SRSASR : Romain, Julien, Hugo, Stéphane. CAF de Brignole : Eric.
But : Faire découvrir la Trayolle et aussi pour savoir ce qu'il y a en bout de la partie aval. 
Lieu : Courniou/Usclat-le-Bas
TPST : 13 Heures.
 
 
 
J’avais envie de faire connaître la Trayolle à ceux de notre club qui ne la connaissaient pas mais aussi aux gars de Sorèze. Certains l’avaient visitée dans sa partie amont pour aller voir les jolis gours lorsqu’ils sont chargés — et cette fois ils l’étaient —, et aussi l’attraction typique : celle des calottes crâniennes et autres ossements humains enfichés dans la calcite… Perso, j’avais envie de les emmener du côté aval, là où tout devient physique… La fille et les gars présents n’étant pas des novices, on n’allait pas leur proposer un cheminement un peu trop touristique…

RDV 7h30 du mat.

J’arrive.

Daniel, Cédric, Anne-So et Éric ont dormi au local.

Puis c’est au tour de Rino de rappliquer, puis Julien et enfin les Sorézois !

Présentation de ceux qui ne se connaissaient pas. Quelques cafés. On prépare le matos et c’est parti pour Usclat-le-Bas. Le parking. Hugo nous rejoint peu de temps après…

Il fait froid.

On enfile nos combis et nous nous répartissons le matériel. Cela en fait de la corde, des mousquetons, des perfos, etc. Parce qu’évidemment il est question d’enquiller le réseau boueux après les bouquets d’aragonites : bien après la grande salle…

Julien (SRSASR) connaissait déjà cette grotte car nous l’avions équipée pour le rassemblement national de la FFS à Sorèze. Pour le coup il ne doit pas être trop dépaysé… Avec les irréductibles du SRSASR il part équiper côté aval tandis qu’un autre groupe du SCMNE part à l’arrache zieuter les gours qui, à cette époque, sont chargés d’eau, mais ça ne cascade pas trop toutefois : les pluies n’ayant pas été importantes jusqu’à ce jour… Mais c’est très joli quand même à regarder. Quant aux crânes et autres ossements humains, ça restera anecdotique…

Alors que les gars descendent la faille sur l’arrimage précédent, Romain et mézigue expérimentons un nouvel amarrage : deux goujons et deux plaquettes en inox et hop, tout devient plus facile. Le Romain se penche dans le vide, se tord les bras genre scoubidou et fore les trous avec le perfo, place les inox, et : Ô, c’est beau !!!

Je passe les zones intermédiaires (les roches dents de requin, étroiture), pour arriver à l’autre étroiture dite du triangle : une abomination géologique qui reste rigolote pour les petits gabarits. Tout le monde passe, sauf… Rino. Faut reconnaître que le bestiau est large… Il essaie, il grogne, il souffle, il peste : mais pas moyen de passer ! — « Bah, laissez-moi là, j’attendrai ! » Attendre ? Mais ça va durer une éternité avant que nous revenions ! Tout le monde s’en va en avant, je leur dis que je vais m’occuper d’agrandir, qu’on ne va pas laisser le Rino là, derrière la chatière… « Bim, bam, boum », on pète assez de roche pour que le mastard puisse passer… Et nous voilà avec trois kits pesant un âne mort, en train de remonter le ressaut pour rejoindre les troupes…

Le fil d’Ariane que nous avions posé, Thomas et mézigue — c’était pour le rassemblement de la FFS à Sorèze — est toujours là, il nous sert à nous guider au travers de l’éboulis. La grande salle est majestueuse et tout le monde apprécie le panorama unique que seuls des spéléos peuvent regarder et connaître…

Dans la grande salle nous sommes pratiquement tous là. Quelques Sorézois sont déjà partis pour s’attaquer à la faille remontante…

La coulée de calcite d’une vingtaine de mètres ou un petit peu plus est équipée sur un ancrage naturel, un gros bloc, là, en début de descente : certains, au départ, s’y sont un peu aventurés avec des castagnettes mais se sont vite aperçus que la remontée se faisait avec les coucougnettes : pas de risque donc, un équipement est fait avec des sangles autour du bloc.

Direction les aragonites jaunes ; il faut quand même trouver le passage qui est aussi déchirant qu’étroit. Les Sorézois et quelques SCMNE, et Éric, sont déjà d’attaque pour escalader la faille. Daniel, lui bombarde les aragonites avec son smartphone...

Nous autres, les retardataires, arrivons et commençons à remonter aux bloqueurs la faille calcifiée qui vient d’être équipée. Le premier « ancrage » s’est fait autour d’une stalagmite ; une dyneema tellement fine que tu te demandes comment ça ne pète pas sous notre poids ! Il y a un autre ancrage plus loin qui, lui, est costaud, ça rassure… Ceci dit, avec notre déficit de matos qui est à ce moment-là — et pourtant nous avons de tout au local —, je sais les Sorézois capables de délacer leurs grolles pour utiliser les lacets en guise de sangles : ils sont furieux et inarrêtables !

Une fois tout en haut, le dos éclaté, je préfère attendre le retour au haut du petit ressaut. Daniel, qui est moins jeune que les Sorézois et ceux (certains) du SCMNE mais pas moins vaillant, lui descend le petit puits/ressaut, remonte de l’autre côté en faisant une clé sur son descendeur pour ne pas plonger dans la vasque, et raccroche la corde remontante et enquille dans une étroiture infecte ; d’ailleurs il y laissera quelques plumes : foulure de cheville et dos esquinté… Ils atteindront tous le fond de la grotte. Pincé, ou plus exactement tout colmaté… Mais…


Nous repartons donc vers la sortie…

Les uns après les autres ils sortent tandis que Rino et mézigue restons avec Romain pour la fin du déséquipement et histoire de ne pas le laisser seul.

Arrivés en bout de faille, mon sac tiré par Rino lâche et se barre tête en bas et ouvert : heureusement c’est dans la partie la moins profonde, et il stoppe sa chute sur un replat à quelque trois mètres, mais à deux doigts de se foutre le camp en bas. En passant, Romain le récupère ; dedans se trouvaient mon téléphone, mes perfos dont le Bosch et toutes ses batteries…

Une fois le pentu déséquipé et tout rangé dans les kits, on trouve le moyen de se paumer un petit peu…

Lorsque nous sortons en pleine nuit et après avoir descendu la montagne, les autres sont encore sur le parking, sauf Daniel, Cédric et Anne-So, retournés au local. Le froid est mortel ! Le temps de se changer ; vite, nous arrachons jusqu’au club.

Le feu de cheminée crépite sa race ! Que c’est bon ! Bref, Romain, Rino et ma pomme se faisons traiter d’escargots par Hugo… Mouais, escargots, pfff… En tous les cas je me demande s’il me reste de la colonne vertébrale, et il me faut rentrer sur Nîmes…



Pas chaud de bon matin !

C'est pas un lacet, juste de la Dyneema...

Les gours...

Encore les gours...

La descente de la grande coulée de calcite...

Autre jolie coulée...

Quelque part dans la grotte

Putain d'Aragonites !

...

Un Sorézois en pleine escalade



Montée de la partie calcifiée de la faille








Terminus !
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Méthode scoubidou de Romain

Descente dans la première faille

Romain teste le nouvel ancrage... 

Dans le ventre de la terre !