Rédacteur : Pascal.
Région :
Labruguière.
But : Sortie
club. Faire connaître à Loïc le réseau « Jean Marie
Coste » (Perte de La Resse).
TPST : 6
heures.
RDV dans un petit village de la commune d’Aiguefonde.
Par une belle journée
du mois d’août, patati et patata...
Loïc ne connaît
pas la « perte de la Resse » ; un joli réseau dans
le secteur du Reclot/Roumégas.
Une fois garés dans
le renfoncement herbeux, nous sortons tout le matos que nous
déposons au sol. Le réseau est linéaire, en tous les cas : la
partie aval où nous allons, -donc, pas besoin de baudrier, etc.
Ensuite, nous
parcourons un chemin aux grandes herbes cramées par le soleil
jusqu’au garde à foin, puis ouvrons la clôture ( avec
l’autorisation du proprio) pour traverser le champ jusqu’à
l’entrée de la grotte au bas de la barre de calcaire face au
ruisseau de la Resse.
Nous sommes obligés
de désobstruer, comme à chaque fois, l’entrée qui a été en
partie ensevelie par les blaireaux… L’entrée commence par un
boyau étroit, très étroit…
C’est une grotte
de parcours assez fatigant ; surtout sur le retour… Par
contre, il y a des secteurs avec des passages d’une beauté à
couper le souffle pour un réseau aussi jeune (Karst adolescent) ;
comme le méandre tout blanc avec ses découpes dans le calcaire qui
me donne l’envie de l’admirer en bavant pendant des heures… Et
aussi la partie recouverte par les Oolithes ; ces concrétions
étranges ! [https://www.cnrtl.fr/definition/oolithe].
Faut-il encore
raconter le laminoir avec sa trentaine de mètres qu’il faut
franchir en reptant dans l’eau ? Et comme des buses, nous
n’avions même pas de polaires pour après ; juste un
tee-shirt de rechange… (les polaires étant restés dans la
voiture).
Nous avons exploré
une jolie galerie perpendiculaire au méandre, mais qui se terminait
au bout de 20 mètres.
Nous ne descendrons
pas au réseau actif inférieur où le passage pour y accéder se
trouve au terminus du méandre, au fond, difficile à localiser.
C’est un micropuits étroit qui mène au « puits du
crapaud ». Nous escaladons la calcite sur la gauche pour
pouvoir continuer...
Tout va bien
jusqu’au carrefour de « la salle des cierges » que nous
verrons au retour... Ensuite c’est un cheminement dans une galerie
tortueuse aux parois étroites et badigeonnées de boue sombre…
Nous arrivons à la
galerie de la boue, immonde, qu’il faut traverser à quatre pattes…
et nous avons de la chance, le premier tronçon est moins collant que
d’hab ! Aussi, lorsque nous atteignons le « métrotito »
t’as pas intérêt à te trimbaler de l’arthrose dans le dos, et
si t’en as pas, t’inquiètes, la « galerie » va se
charger de te calcifier les vertèbres jusqu’aux cervicales !
Traverser cette galerie est émotionnellement très schizo ; le
plafond est tout simplement impossible ! Impossible, parce
qu’une forme aussi plane sur une telle distance, n’aurait pas dû
être créée par la nature (et pourtant) ! Ni même un ouvrier
qualifié avec un matériel hyper sophistiqué, au laser, ne pourrait
concevoir une planéité aussi parfaite ! Inconcevable !
Trop beau, trop top ! Et l’autre côté émotionnel, celui qui
te fait haïr cette galerie interminable, c’est sa config ; tu
ne peux pas tenir debout, et tu ne peux pas avancer à quatre pattes
ou alors tu mettrais un jour entier à parcourir les deux cents
mètres (?)(plus?) de cette galerie du « Métrotito ».
Donc, tu avances le dos courbé, parfois à l’équerre, le cou
tordu pour pouvoir zieuter où tu mets tes panards, avec les quadriceps en
tension permanente… et tu n’en vois jamais la fin… Tu pestes
comme un charretier et maudis tous les saints des cieux ! Et
lorsque tu t’arrêtes pour souffler un peu, assis sur une des
banquettes naturelles, mais comme dans le métro, tu remarques la
beauté du plafond :
- Loïc t’as vu le
plafond comme il est trop plat ? Comment c’est possible ?
- C’est vrai !
- Même un ouvrier
ne pourrait faire ça ni aucune machine…
- Oui
- On continue ?
- Allez…
- Putain de sa mère
de Métrotito...
En fait ; Dieu
a créé la beauté des lieux, le Diable le parcourt, et Freud nous a
ouvert les yeux sur nos contradictions de débilos ! : -
Putain que je souffre, mais ça fait rien, j’en reveux !
Schizo quoi !
Bref, nous arrivons
à la grande salle terminus dont le plafond n’arrête pas de
s’effondrer. Nous soufflons un peu… Et nous nous posons des
questions sur ces gros gours à moitié ensevelis par la terre, en
aval de la salle ; il a bien fallu qu’un jour il y eût
énormément de flotte pour qu’ils aient été concrétionnés,
nous sommes d’accord, alors où partait l’eau ? Peut être
qu’en bout de la salle il y a une galerie qui continue sous la
montagne de blocs effondrés, mais comment enlever ces tonnes et ces
tonnes de gravas gigantesques pour certains et voir ce qu’il y a
dessous ?
Le retour par le
« Métrotito » ne sera pas narré tant l’ignominie de
nos paroles choquerait !
Nous nous arrêtons
à la salle des cierges. Les concrétions ; toutes, sont maculées de
boue jusqu’au plafond. Nous pouvons observer un goulot de bouteille
en plastique inséré dans une stalactite ; comment est-ce
possible d’autant que personne n’a pu le placer là, car trop
haut ; cela voudrait dire qu’un jour la salle se trouvait inondée jusqu'à la gueule ?
Elle n’est pourtant pas petite… Mais à quelle période ?
Les bouteilles genre Contrex n’existent pas depuis 1000 ans… Et
ce n’est pas un réseau, depuis sa découverte en 88, connu pour se
noyer totalement ; mystère…
Lorsque nous
sortons, la chaleur de l’été nous engloutit dans son haleine
formidable ! Putain, que c’est bon !
Nous lavons nos
affaires dans la cascatelle qui se trouve à 10 mètres de ma
voiture, puis nous reprenons la route jusqu’à Calmon où nous
attendent des Chips, de la Leffe et quelques autres encas… Nous
avons mal de partout. La nuit va se passer sous Doliprane il me
semble, en tous les cas, me concernant…
Métrotito, on t'a eu quand même !
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Le Laminoir
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Retour : sortie du laminoir
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Le méandre blanc : magnifique !
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Un ramping quelconque...
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La très longue galerie de la boue...
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Idem qu'au dessus !
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L'infernal "Métrotito"
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Après une petite explo dans les hauteurs...
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Toujours le méandre blanc...
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Sortie de Loïc après un dernier boyau constrictor...
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Salle des cierges beaucoup plus grande que sur la photo)
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[Photos tirées de la vidéo donc pas terribles]
[17/08/2024 - Notes en plus : La rivière se perd au niveau du méandre principal dans une perte qui se trouve sur le côté, à droite, au sol, en se dirigeant vers l'aval. Il y a quelques années cette perte se trouvait presque vers la fin du méandre, à gauche, ensuite elle a été bouchée avec des gros galets (ce sont des pertes rondes, creusées dans le calcaire blanc de la roche). Puis j'ai vu une nouvelle perte plus tard en retrait de celle que j'avais alors observée, et dernièrement une nouvelle perte encore plus en retrait et à droite cette fois-ci... (?). La salle des cierges peut être atteinte par le méandre (au niveau du micro puits qui amène au puits du crapaud et au réseau inférieur), cependant, une escalade (+- 10 mètres) verticale est nécessaire pour y parvenir. Une corde en fixe pourrait être placée pour atteindre la salle au jumar ; mais est-ce indispensable ? Bof... Non. Peut être pour s'amuser... Ce réseau devrait être à nouveau exploré car des "trouvailles" sont potentiellement possibles ; sans compter le réseau inférieur qui devrait nous mener à la résurgence de "Ensire" et donc ; quelques kilomètres à ajouter au déjà deux kilomètres de la Resse... Mais là, le taf pour y parvenir c'est du "Ethan Hunt"...]