Jour
6
Lorsqu’une
quinzaine de jours auparavant nous étions allés faire un
tour au trou « du fou », avec ces dernières pluies,
l’eau avait déjà un peu rempli la minuscule galerie… Romain et
Daniel pensaient alors qu’avec un peu de taf et une pompe à eau ce
serait passable… Donc ce jour, nous revenons en force. Romain
invite Julien (2) sur ce coup, et nous, du SCMNE, sommes là :
Julien (1), Daniel, Pascal (2) et ma pomme.
Nous
nous donnons rendez-vous au local vers 9h30.
Romain
et Julien (2) arriveront directement sur le lieu de la désob
car ils s’arrêteront pour acheter la saucisse et d’autres
trucs : chez nous, les spéléos, souvent c’est l’auberge
espagnole, tout le monde apporte quelque chose…
Nous
partons en direction de après Saint-Pons : le propriétaire du
terrain est averti et nous accueille gentiment, nous prépare même
un feu dans la cheminée de sa maison où nous pouvons nous changer,
boire le café et tout…
Donc
cette fois nous avons amené du gros matos : deux groupes
électrogènes apportés par Pascal (2) et Romain, plus deux
autopompes : une électrique appartenant également à Pascal
(2) et l’autre thermique, prêtée par Sébastien notre trésorier
et que je vais récupérer à son dépôt : bonjour le transport
dans ma petite caisse avec la tuyauterie, les petits sacs de ciment,
les perfos, 3 caisses d’affaires perso : combis, cordes,
baudars, casques etc etc, sans compter le Pack de bières, et
Julien que je covoiture depuis Mazamet : ARF ! Je me
demande comment ça peut rentrer tout ça ! En tous les
cas, impossible de voir à travers le retro central ; je
regrette mon vieux 4x4…
Pascal
(2), lui, a carrément amené dans son break une brouette
pour le déplacement des roches à jeter dans le talweg… (Mais le
plus cocasse viendra demain…)
L’entrée
a été élargie durant le début de la désob d’il y a une dizaine
de jours, histoire que la remontée se fasse plus « confortable » ;
ce qui est relatif en spéléo…
Les
véhicules garés dans le grand champs, nous voilà prêts
à l’attaque ! Le proprio nous invite à boire le café,
ensuite nous nous changeons et commençons à amener le matériel
près
du « trou »…
Romain
est impatient, il est dans la peau du professeur Otto Lidenbrock…
Il s’engage dans l’ouverture quasiment en se jettant…
Lorsque
Romain ressort et après avoir jeté un œil tout en bas dans la
première voûte mouillante, il tire un peu la tronche : - l’eau
est encore
montée et la galerie est presque noyée, qu’il dit ! Puis
l’optimisme remonte après quelques discussions et analyses ;
et on décide de tenter le coup. Romain a de nouveau le sourire...
Portrait
des LOULOUS
On
commence par qui : ploum ploum ploum
ce sera toi au bout de trois ; un deux
trois ; DANIEL ! plus communément Dany et depuis peu
GASTON ! On l’aura deviné ; parce que Lagaffe. Lorsque
tu es de sortie avec lui il t’arrive toujours quelque chose :
tu te demandes comment c’est possible, mais dans le seul trou de
deux centimètres de diamètre qui se trouve dans la galerie il te
tombe le foret
que tu viens d’acheter tout joli tout neuf, en plein
dedans ! Et le putain de trou il est profond en plus : tu
viens de dire adieu à ta mèche ! Aussi et surtout :
refuse les saletés de cacahuètes pourraves qu’il pourrait
t’offrir sous terre sinon durant toute la sortie tu vas cracher tes
poumons comme si t’avais le COVID ! Sans compter qu’un coup
il t’écrase une main, puis l’autre, un genou… Et il cherche
toujours ses gants -et j’en passe ! Son truc à Gaston, c’est
le perfo et faire des trous et des trous et des trous ; très
compétant par contre pour dézinguer la roche...
Romain :
Grand gaillard, l’œil qui pétille dès qu’il y a une cavité ;
il fonce… Boue, eau, froid, rien ne l’arrête ou presque… Comme
la fois au « Lac des trois » où tel un hippopotame il se
jette à l’eau sans se poser de question : et mézigue qui
peine à le suivre ! Tu le regardes faire et tu te dis : -
Putain mais le mec, il veut aller au centre de la terre !
Pascal
(2) : Nouveau venu au club, ancien pompier je crois, maçon
durant des décennies, il sait tout faire : creuser, arracher la
roche à la terre, coups de massettes infaillibles jusqu’à se
fendre les phalanges, capable de briser un bloc de granit à coup de
tête, soulever des blocs de calcaires à se faire péter la colonne
vertébrale ; il a mal de partout mais il continue et ne se
plaint pas : « de la gnognotte tout ça !». Ah, il
sait même griller les saucisses et autres cuisses de poulet :
il est presque parfait : nous avons ici notre DÉSOBEUR !
Julien
(1) : Le renouveau du club, récent membre du SCMNE, il commence
après plusieurs sorties à prendre de l’expé, par contre
méfiez-vous de lui quand il vous propose une bière et vous en sort
une à l’étiquette étrange et de laquelle vous n’avez jamais
entendu parler de toute votre putain de vie ! Mon Dieu, il est
capable de vous dénicher on ne sait comment un truc infâme qui a la
saveur de la saucisse grillée au feu de bois ; Ouais ouais, je
mens pas, une bière au goût de saucisse cuite au feu de bois :
j’en ai fait l’expérience ! (Demandez aussi à Romélia!).
Pour le moment il se fait aux douces joies de la spéléo et apprend
vite...
Julien
(2) : un passe-partout qui rentre dans tous les trous, qui
escalade genre écureuil. Il a une curiosité : il communique
avec les choux-fleurs qu’il considère comme ses semblables et
qu’ensuite il dévore tout cru : cannibale quoi ! La
dernière fois le voyant bouffer un chou-fleur
tout cru, je lui ai dit – Bah, c’est dégueu ! Il m’a même
pas répondu ou peut-être un truc que j’ai rien pigé ! Sauf
que Romain, lui aussi, s’est mis à dévorer à pleine dents un
chou-fleur nature : ils sont bizarres les mecs à
Sorèze.
Quant
à Pascal (1) que pourrais-je
dire ? Bon allez, oui, que dire ? En fait on s’en fout
de cézigue ; il est juste le narrateur...
Ah,
j’oubliais : Frédo : le proprio ; le mec super cool
qui te laisse même les clés de sa propriété ; je suis encore tout
coi de tant de gentillesse. Le matin, aux premières heures, il vient
même nous allumer le feu de cheminée et nous laisser un thermos de
café… Nous restons là à nous regarder, parce que nous ne sommes
pas habitués à tant d’attentions…
...
Pascal
(2) commence à cimenter la trémie qui franchement tient juste juste
par des pointes de roche… Le ciment à prise rapide tarde quand
même à sécher...
La
première pompe, l’électrique, est mise en route… Rrrriiiiiii ça
tourne, l’eau sort bien et se déverse par le long tuyau que nous
avons tiré jusqu’au lit du ruisseau à sec… Au bout d’une
heure rien ne bouge. Nous changeons de pompe, mettons en place celle
de Sébastien. Le tuyau est plus court donc nous concevons une espèce
de rigole avec deux longues poutres à placo il semble. L’eau est
ainsi acheminée dans la caillasse du thalweg et n’inonde pas le
terrain argileux devant la maison. Mais là aussi, même avec un
débit plus important, le niveau de l’eau dans la galerie ne bouge
pas d’un iota…
Aïe, problème ! Donc discussions. La décision
est prise de péter les voûtes mouillantes les une après les
autres… ça va pas être de la tarte !
Une
première voûte mouillante est pétée. Très difficile
de travailler dans les conditions présentes ; l’endroit est
hyper exigu. Ceux qui s’attachent le plus à ce travail sont
Romain, Daniel et Pascal 2. Au début c’est Pascal 2 qui a dégagé
la partie du bas -à lui tout seul quasiment, et suite aux
désobstructions précédentes qui avaient littéralement enfoui la
galerie de « la salle de bain ». Il nous amène les blocs
parfois énormes en les faisant rouler comme il peut pour nous les
placer dans l’ouverture pentue et que nous autres remontons en
ahanant comme des malades pour les sortir au dehors ; et là, la
brouette de Pascal 2 pour acheminer la caillasse dans le lit du
ruisseau…
Les
Sorézois ont sorti des petites tables de camping. On se tape du
pâté, saucisse, chips, bières… Puis je vois le Julien 2 se
découper à grande force de couteau un choux-fleur puis lui
planter les dents dedans ! merde il mange ça comme moi je
mastiquerais un chamallows… Puis je vois Romain qui à son tour
fait pareil ! Ben merde alors… Je demande à Julien comment il
peut se taper un truc comme ça tout cru, que c’est dégueu… Je
sais même plus ce
qu'il m’a raconté mais ils sont sur cette voie
où on ne mange plus de viande. Pareil pour Romain, mais quand même,
qui se tape de la bonne saucisse grillé… On se marre, on se
taquine, va falloir aller au taf.
...
Il
est Tard. Nous nous retrouvons au local où les Sorézois et Daniel
vont dormir. Pascal 2 s’en va chez lui pas très loin et Julien 1
et mézigue rentrons sur Mazamet… En attendant, la cheminée
crépite, nous discutons un peu…
Jour
7
Je
vais chercher Julien 1 chez lui, j’en profite pour saluer notre
Présidente.
On
achète des pains au chocolat aux amandes.
Nous
arrivons au local : tout le monde est réveillé et Pascal 2 est
déjà là.
Daniel
me demande si les chocolatines proviennent de la boulangerie de
l’horreur, je lui dis que non, que ça vient de ces nouvelles
boulangeries
à franchise. Il se marre, rassuré.
Cafés,
blablabla…
Nous
partons vers la deuxième journée de désob…
Frédo
le proprio, est là, il a préparé le feu de cheminée, le café
dans le thermos.
Nous le saluons. En prenant le café nous lui donnons des
explications sur le « trou du fou » et de ses
possibilités… il est très curieux pour savoir comment ça
fonctionne là-dessous,
comment c’est etc. Puis il s’en va et nous laisse tout ouvert ;
nous offre sa confiance…
…
Entre
temps, lors d’un interlude, un trou est découvert un peu plus haut
à une centaine de mètres de là. Pas la moindre trace d’une
ancienne désobstruction, rien. Le trou semble à moitié colmaté
par des tonnes de sédiments, terre, pierraille, plaques de schiste
etc. Au début nous pensions que cela avait été remblayé
artificiellement mais par la suite nous reviendrons sur cette idée…
Pour le coup une équipe travaillera sur ce nouveau trou tandis que
la deuxième continuera de progresser au trou du fou. C’est parti…
Aujourd’hui
Pascal 2 a ramené
un truc d’une autre planète, je sais plus qui l’a dit : un
machin de Terminator ! En fait c’est un gros marteau piqueur
électrique qui est branché sur le groupe électrogène et le Pascal
2 tient ça à bout de bras, à l’horizontale, et il entreprend
d’agrandir la première voûte mouillante ! Efficace mais pas
pratique à manœuvrer dans un endroit si étroit il me semble...
La
roche éclate sous l’impétuosité des gars : toutes les
méthodes sont utilisées…
Romain
lui, allongé dans l’eau, malgré sa néo
se pèle, mais continue à perforer la roche…
Les
deux Juliens et moi grimpons à l’autre trou que nous nommerons le
"trou des noix" (il y en a de partout). Mais lorsque je me baisse pour
aller au fond, ce qui est assez compliqué, je sens un air frais
comme le rapportait Daniel auparavant. Je racle la terre pour
m’avancer un peu plus et mieux enquiller ma tête sur la droite,
c’est tout petit mais je peux observer un petit trou dans la roche
mère qui part vers le bas. L’air frais est
au fond du trou mais on ne sait pas lequel des deux petits trous
balance l’air.
Nous
nous mettons à creuser, à défaire une partie du remblai, et avec
tout le produit de la désob Julien1 s’attache à créer une espèce
de belvédère devant l’entrée… Tout devient propret, on a
presque envie d’y installer une Quechua et de rester là des jours
entiers.
Puis
au bout d’une plombe, à force de creuser, alors que cela n’a
rien à voir
avec le trou d’en face -où l’on peut voir une racine, ce
dernier se met à souffler comme ce n’est pas permis : bizarre !
Il y a même un moment
où je reçois comme une bourrasque en plein gueule
avec projection de petites particules piquantes. Alors nous partons à la
recherche d’un trou qui pourrait se trouver un peu plus haut et par lequel
s’engouffrerait le vent. Julien1 en trouve un qui doit faire 1
mètre de
profondeur sur 20 cm de diamètre et 5 mètres au dessus. On le bouche avec
une grosse pierre mais que nenni ; ça souffle toujours autant…
A ne rien comprendre !
Nous
avons pas mal agrandi le trou d’entrée. Nous décidons de
redescendre voir où en sont les copains.
Romain
pense que tout se termine sur un éboulis qui siphonne et dit qu’il
faudrait attendre que tout se désamorce pour voir et continuer -et
nous savons que c’est possible puisque lorsque nous sommes venus il
y a deux semaines le niveau de l’eau n’était pas si élevé, et
encore bien plus bas il y a un peu plus d’un an et demi…
Romain
et Julien 2 doivent repartir un peu plus tôt parce qu’ils ont de
la route à se taper. Le temps de se changer auprès de la cheminée,
de grignoter deux trois bricoles, de rêver de faire du « trou
du fou » un nouveau « Lauzinas », nos deux compères
de Sorèze, leurs affaires rangées dans le camion aménagé de
Romain, les salutations chaleureuses faites, s’en vont…
Pascal
2 aussi doit partir, il lui faut décharger tout son matos et a RDV
Mais
Daniel lui il est là jusqu’à demain ; lui veut remonter au
trou des noix et Julien et Toto sommes évidemment d’accord et
c’est ainsi qu’on se retrouve sur le belvédère que Julien nous
a aménagé. De là, Daniel recommence à faire des petits trous
encore et encore jusqu’à l’épuisement de nos batteries. Le trou
est beaucoup plus confortable. Daniel note que le souffle qui
provient d’en face ne ressort pas par l’entrée de la cavité
mais est aspiré par le petit trou de droite… A continuer.
Il
se fait tard
Nous
reprenons tout notre matos
Direction
le local
Bières,
chips…
On
se salut
Je
ramène Julien...
...
Jour
8
En
redescendant dans le Gard je m’arrête au club.
Daniel
finit de nettoyer le local.
On
discute sur un film de Cowboys et d’Indiens, mais ça c’est une
autre histoire !
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Romain à l'entrée |
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Une des auto-pompes... |
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L'entrée du "trou des noix". |
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Le "trou du fou". |
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Au fond de la galerie de la "salle de bain". |
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Julien 1 |
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Le "belvédère" de Julien |
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"Trou des noix" après |
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"Trou des noix" avant |
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Le "Terminator" de Pascal 2 |
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Même il cimente le Pascal 2 ! |
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Julien 2 avec son smart... |
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Vue de devant... |
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Pascal 2 le avec le "Terminator" |
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Romain |
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Julien 1 fier et tout sourire sur son belvédère... |
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Daniel dans le "trou des noix" |
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Votre narrateur... |
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En plein débat... |
[Je
voudrais aussi saluer Didier L du CDS18 (et ses copains), qui était
venu au tout début de la désob ; il y a de cela un peu plus d'un an...]