Rédacteur : Pascal
Participants :
3 : SCMNE : Cyndie, Pascal C, Pascal H.
But : Petite ballade
sous terre devenue spéléo...
Lieu : Nîmes
TPST : 3/4
Heures.
Ils devaient venir dans le coin du coup je les convie chez moi. Rino voulait absolument faire une grotte, pas trop longtemps sous terre quand même. Comme ça ? Euh, la grotte des fées ? La première grotte que j’ai explorée alors que j’avais 11/12 ans. Bof, y a que ça dans le coin à moins de monter plus haut, vers le Pont Saint Nicolas, à la « grotte du barrage » ; mais là c’est un peu plus costaud avec plusieurs km de parcours… Bon ok, ce sera la grotte des fées (qui va vite se transformer en grotte des sorcières) !
On se gare pas très loin de la grotte qui se situe à quelques trente mètres sur le versant de la colline/montagnette. Cachée par la végétation… C’est très curieux de voir cette grotte (qui a un sacré passé historique) sise là ; entourée : en haut en bas à droite et à gauche d’un tas d’habitations et être si près du centre-ville : c’est d’ailleurs ce qui l’a tuée ! Nous enfilons nos combis, pas de baudrier, rien ou presque, peut-être un peu de corde par prudence… Et nous remontons le petit chemin de terre et cailloux...
L’entrée est vaste, magnifique !
Je prends une petite photo des deux tourtereaux qui me fait penser au « Baiser » de Robert Doisneau : bon ok, lui c’était un photographe, moi avec mon smart c’est loin de l’original, mais je trouve quand même cette dernière assez choucarde !
Tout au fond du grand vestibule, un peu sur la gauche, nous pénétrons dans la galerie que l’on doit franchir à quatre pattes, c’est pas long ; cinq, six mètres, puis première salle au plafond assez bas. Rino monte sur la partie élevée où survivent quelques gours…
Puis l’espèce de boyau que de toute ma vie je n’ai jamais vu à sec, on patauges toujours dans l’eau qui devient rapidement boueuse. Je ne sais pas pourquoi, aucun changement, toujours plus ou moins le même niveau… ça ne déborde jamais ni à l’aval ni à l’amont ; on dirait qu’elle est là depuis toujours…
Nous arrivons dans l’immense galerie qui doit mesurer au moins cent mètres ; c’est haut et large… Par contre je ne peux m’empêcher de pester à mort à chaque fois que je rentre dans cette grotte ; elle a été dévastée durant des décennies ; en premier il y a les infiltrations « du dessus » avec de probables « déversements sauvages » d’eaux usées qui se sont infiltrées dans et sur la roche, ce qui laisse parfois traîner ici et là quelques effluves bizarres et d’autres nauséabondes. Ensuite ce sont toutes les concrétions mutilées, pétées, arrachées, cassées, martelées : rien n’a survécu ! Il y avait de partout, il y a fort longtemps, des draperies magnifiques mais elles n’ont pas résisté aux coups de marteaux et autres outils destructeurs. Des stalactites aux stalagmites, petites, moyennes ou grandes, toutes elles y sont passées ; un œil observateur peut d’ailleurs se rendre compte du massacre et observer toutes ces concrétions amputées et reconstruire mentalement le panorama féerique que devait être cette grande galerie… Quelle rage ! Un jour que je nettoyais cette grotte tout en filmant et ma vidéo sur YT, voilà que je reçois un mail d’un gars qui me remercie pour cet acte écologique et m’envoie un extrait d’un manuscrit écrit par son grand-père et qui parle d’une petite exploration dans cette grotte, en 1948, et là on comprend qu’elle devait être vraiment belle ! (Je mettrai l’extrait à la fin).
Fin de la galerie, Sur la gauche, coulée de calcite, petit pentu, colonne, flaque d’eau et boue, et la chatière avec sa gueule de poisson chat. La corde et la sangle sont toujours là. La première fois que je l’avais franchie j’avais donc 12 ans et la dernière, difficilement, c’était il y a deux ans. Entre ces deux époques elle avait été légèrement agrandie. Rino joue les anguilles mais impossible vu « son gabarit » ; il a beau se tortiller mais non… Me concernant, comme je l’ai raconté plus haut, je l’avais déjà passée : à 12 ans, évidemment, l’anchois que j’étais, n’avait pas trop rencontré de problème, encore que ; à cette date la chatière n’avait pas été recalibrée. À mon tour je m’enquille dans l’étroiture et note que je passe moins bien que la dernière fois, tiens donc !? Je dois même forcer, très forcer même ! Hum… ça va que nous avons du matos pour agrandir au cas… Bref, d’un coup la gravité me rejette vers le bas jusqu’au pied de la vasque elle aussi toujours remplie depuis toujours… Vu comme je suis passé j’ai bien peur que je vais en chier pour remonter mais pour le moment je zieute la partie du rocher qu’il faudrait « racler » pour que Rino et Cyndie puissent passer… Du travail en perspective. Rino me descend le perfo mais je me rends compte que de mon côté c’est difficile d’avoir l’angle ; j’arrive toutefois à tomber quelques kilos de roche mais pas là où je voulais, juste que c’est la roche où anciennement il y avait eu un tir qui fragilisait la roche et qui sautait par morceaux au fur et à mesure que je perçais. On arrête, je repasse le perfo à Rino et remonte pour finalement préférer travailler par le haut, mais, je le savais, impossible de passer, j’essaie techniquement, parce que oui, il y a une méthode pour franchir cette chatière ; c’est en zigzagant, aussi ce n’est pas non plus possible… Merde, j’ai aussi beau forcer comme un possédé, RIEN ! Et je commence à m’épuiser. Même avec la corde pour m’aider je n’y arrive pas. J’ai dû prendre du poids et comme la remontée de la chatière se passe contre la gravité et que la roche du dessus est toute granuleuse avec des tas de concrétions pétées, ben ça accroche. Au bout d’un moment, lorsque je ne sens plus mes bras, je prends la décision de redescendre. De me reposer, de boire et de tout enlever : combi et polaire — pourtant fine… Au bout de 5 mn je remonte, m’engage à nouveau dans la chatière — qui elle ne veut pas que je passe, mais comme je l’emmerde, ben, en forçant quand même, j’arrive à passer la moitié du corps, puis plus qu’à se mettre sur la gauche, se tordre un peu, re-forcer, et enfin passer les jambes : et par là même de créer le dictionnaire de jurons que même pas tu verras dans le Larousse ou sortir de la bouche de Bukowski !
Le centimètre gagné en enlevant mes vêtements aura permis de passer, non sans efforts quand même !
Plus qu’à prendre le chemin du retour qui pour le coup est beaucoup plus touristique…
On s’arrêtera pour observer dans une faille (?) un départ de puits aux parois toutes calcifiées, ça donnait envie, mais il faudrait « ouvrir » pour passer nos « gabarits ». Puis je suppose que ceux de l’ASN à l’époque ont dû envoyer un quelconque anorexique pour y aller zieuter… Tout gosse ce puits m’avait échappé et je m’en étais aperçu il y a 6 ans, alors que je jouais à Monsieur Propre en allant ramasser des tonnes de merdes jetées et laissées ici dedans tout au long de la grotte, et fallait voir toutes ces bouteilles de bière cassées jusqu’au fond de la galerie !
Maintenant il fait froid et nous nous grouillons pour aller à la voiture et nous changer… Et surtout mettre nos affaires dans de grands sacs poubelle pour éviter de pourrir la caisse. L’argile de la grotte des fées est l’argile la plus grasse et collante de tout l’univers ! Même avec un Karcher c’est la galère : saleté d’argile !
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| Quelques joliesses restantes... |
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| Le boyaux aux eaux éternelles ! |
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| Pfff... |
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| Le petit puits dans une espèce de faille... |
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| De leau, de la boue et de l'étroiture ! |
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| En spéléo la boue fait rire ! |
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| La chatière vue d'en bas... |
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| Rino au haut de la chatière... |
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| Pour descendre c'est déjà difficile... |
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| Rino prend une photo du petit puits... |
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| Un Rino c'est comme un hippopotame, ça a besoin de boue... |
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| Blocage complet à la remontée... |
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| (Oups ! Une faute à suis - suit) |













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