« Trou du fou »
16 mai
Romain m’appelle ; il sait pas quoi faire ce jour et il a envie de grattouiller la terre. Moi je suis ok, mais pas l’envie non plus de me taper des km sous terre… Conclu, nous irons au « trou des noix » ou au « trou du fou »… RDV chez les proprios. Rino et Cyndie sont de la partie sauf que ce dernier il s’est pété la clavicule en fonçant dans le décor avec son quad et son bras est joliment coincé dans un attelle genre camisole de force… Il ne pourra se servir que de ses yeux... Bref, lorsque nous arrivons ben nous commençons à papoter et décidons en premier de manger. Évidemment qu’on avait prévu ! Tout est là : saucisses de chez le boucher, patates, salade et d’autres trucs… sans oublier l’eau de source houblonnée… Les saucisses sont cuites au barbecue ainsi que les patates au fromage que Romain fera cuire en papillote dans la braise (elle sortiront un peu trop bronzées d’ailleurs!)… Bref bref bref, nous avons jeté notre dévolu sur le « trou du fou » et il est temps d’y aller. Nous ouvrons le portillon que Rino a joliment confectionné et qui interdit l’entrée ; non pas pour simplement fermer mais parce que les proprios font des fêtes en été sur leur terre et qu’il y a des gosses…
Romain veut ouvrir en hauteur car l’eau est toujours montée et pour passer le passage menant à la trémie faudrait se mettre dans l’eau et aujourd’hui personne n’a envie de se jeter à l’agoua ! Nous descendons la première partie de la cavité qui a été somptueusement rendu confortable pour arriver 10 mètres plus loin et trois mètres plus bas au départ du boyau en partie noyé. Le perfo attaque la roche au dessus de nos têtes, au niveau de la VM ; le but étant que si nous ouvrons en hauteur ben on se mouillera juste les fesses en passant et nous ne serons pas obligés de ramper dans la flotte, d’autant que le boyau inondé menant à la trémie se rétrécit pas mal en fin de parcours… La roche tombe ici et là dans l’eau, Cyndie, derrière Romain, lui passe le matos que moi même récupère en arrière, mais nous nous rendons vite compte que le calcaire à cet endroit est très brisé de l’intérieur et qu’il est difficile de travailler comme on le voudrait ; la désob est complexe, très compliquée, par rapport aux résultats obtenus. Nous décidons au bout de quelques heures quand même d’arrêter et de remettre ça tout simplement pour l’étiage, car l’eau en se retirant, permet le passage de l’air qui sèche tout…
Comme entre temps Rino et Cyndie étaient partis. Romain et mézigue avions continués à claquer encore un peu de roche -avec très peu de résultats comme expliqué plus haut. Puis, une fois aux véhicules, nous discutons tout en pronostiquant avec des calculs tirés à l’élastique, que par là devrait se trouver le collecteur parce que ceci parce que cela, patati et patata, on fantasme le réseau de la décennie tout en achevant la Ch’ti !
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"Grotte des Fées"
18 mai
Racontée mainte-fois, « la grotte des fées » est une cavité située presque en plein centre de Nîmes sous une zone résidentielle. C’était la première grotte que j’explorai alors que j’avais 11 ans : j’y étais retourné il y a quelques années, en 2019 ; un demi siècle depuis ma dernière explo de 1973 ; oh, ce n’est pas une grotte éblouissante, le contraire même, mais je lui vouais une certaine affection. Qu’elle ne fût pas ma déception, ma colère, alors de découvrir une véritable poubelle (que je nettoyai les semaines suivantes…). La grotte avait aussi depuis fort longtemps été saccagée de toutes ses concrétions ; elle n’était plus qu’une grotte à l’agonie.
Un peu d'histoire : cette grotte a connu un fait tragique en janvier 1720 – les protestants qui se réunissaient clandestinement dans le grand porche, furent dénoncés par un chasseur, et tout le monde fut arrêté : femmes, enfants, etc, et les messieurs envoyés en prison ou aux galères…
Me-revoilou donc pour une énième sortie à « La Baoum di Fado » ! C’est juste pour agrandir un chouia la chatière au bout de la grande galerie ; parce que j’ai bien l’intention d’y revenir passer du matos et tenter une désob où cela n’a jamais été fait… Faut savoir qu’avant sa « mort clinique », celle grotte était absolument magnifique et richissime en concrétionnements -d’ailleurs on peut parfaitement s’en rendre compte rien qu’en observant ses milliers de « moignons » et autres traces d’extractions répugnantes. En élaborant tout un scénario mental, je me disais que de la salle très étroite en hauteur, tout au fond là où sa pince et colmaté par de la calcite, après la chatière, oui, il pourrait y avoir plus loin une jolie salle, et pourquoi pas, plus !?
Une désob c’est une désob. Je vais pas m’étendre sur la chose… Aujourd’hui, juste quelques petites heures à claquer de la roche. A présent la chatière est suffisamment « ample » pour descendre et remonter plus rapidement (?) avec des sacs volumineux ; cependant les gros gabarits continueront à couiner…
Je ressort après un bon petit taf qui n’aura pas été facile vu l’étroitesse pour manier le perfo…
A la prochaine !
Pas dégueu la Maredsous...
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| petite pause... |
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| Notre Rino après le véto... |
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| Entrée... |
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| Romain qui taffe... |
"Grotte des fées"
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| Premier bloc arraché |
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| Deuxième bloc arraché... |
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| Pas facile de manier le perfo ! (2) |
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| La chatière à agrandir... |
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| Une fois agrandie (plus qu'à pousser les blocs en bas) |










