jeudi 2 avril 2026

Sortie la trayolle - Dimanche 29 Mars 2026

Rédacteur : Julien H.
Participants : SCMNE : Julien, Daniel, Matthias, Gabin, Maïwenn - Participants extérieurs : Yann, Lola, Lucile, Simon.
But : Initiation et sortie club
Localisation : Courniou
TPST :  3h

 

Rendez-vous fixé au local à 12h30. 

Dani ayant dormi sur place, car la veille avait eu lieu la réunion mensuelle du club, était déjà présent, accompagné de Matthias. Nous profitons de ce temps d’avance pour présenter la topographie de la grotte à deux de nos quatre initiés du jour, Yann et Lola. Pendant ce temps, Dani propose un itinéraire en direction des fameux crânes, dont la cavité a scellé le sort depuis plusieurs milliers d’années dans la calcite. De mon côté, avec Matthias, nous préparons cinq kits complets pour nos quatre initiés du jour ainsi que pour le jeune Gabin, ajouté à la dernière minute à la sortie. Maïwenn pointe ensuite le bout de son nez, suivie de Gabin. Peu après, les deux Héraultais, Lucile et Simon, amis de Matthias, nous rejoignent au club : cap sur la grotte de la Trayolle !
 

Nous nous garons sur la petite place d’Usclats avant d’attaquer une montée de dix minutes pour accéder à la cavité. Le temps est avec nous : pas trop de vent, une bonne température et les rayons du soleil égayent ce début de printemps.
 

L’occasion est parfaite pour retracer brièvement l’histoire géologique et anthropologique du lieu, où certaines traces humaines d’un autre temps sont encore présentes. Des sondages archéologiques ainsi que des traces animales y sont visibles. La plupart des artefacts sont désormais exposés au musée de la grotte de Courniou, que Maïwenn anime activement. En arrivant dans la galerie du métro, les volumes impressionnent, et les différentes formes de calcaire, de roche ferrugineuse et de schiste intriguent.
Arrivés à la « boîte aux lettres », un passage étroit en forme de boucle, Matthias équipe la descente depuis un petit balcon rocheux, assisté par Gabin. Je descends en premier, histoire de servir de cobaye. RAS : il n’y a plus d’eau au fond de la salle. Le jeune Gabin prend ensuite le relais pour guider les initiés lors de leur toute première descente. Il gère autant qu’il se régale de cette activité. Dommage toutefois : avec la baisse du lac, le pentu aurait pu offrir une belle descente pour cette première des quatre spéléos du jour. Ce sera pour une prochaine fois pour ceux et celles qui souhaitent revenir ! Nous en profitons pour leur montrer ce beau pentu, impressionnant avec ses 30 m. De par son étroitesse, il donne une sensation d’infini.
 

Ne perdons pas de temps, ni le reste du groupe : nous repartons sur nos pas pour aller cette fois en direction des crânes. Ni une ni deux, le jeu de la spéléologie s’installe dans les réflexes des quatre Speleos du jour. Eau, boue, roches : l’essence même de la spéléologie. Les quelques aragonites et fistuleuses intriguent. La belle concrétion en forme de cigale impressionne. Puis viennent les premiers gours. Ils sont pleins d’eau, certains dégorgent et font scintiller la surface. Ils sont de plus en plus nombreux et de plus en plus grands. C’est beau. Le timing est parfait entre les excès d’eau et la saison sèche. On en profite, on joue les funambules jusqu’au fond de la grotte.
 

Nous nous retrouvons face à toutes les gravures laissées par les nombreux passages. Un gros « SORÈZE » en plein milieu attire l’attention : un club frère depuis longtemps. J’en profite pour me faufiler dans le petit boyau boueux qui mène au terminus. Plein de boue, de roches concassées, mais c’est OK : c’est le jeu. J’arrive à un bac, vestige d’un ancien chantier de désobstruction ; l’eau est face à moi. J’en profite pour faire un peu de fluorine maison ! À mon retour, Maïwenn m’explique que Gabin a profité de mon absence pour escalader la grosse coulée de calcite afin d’essayer de m’appeler. Malheureusement, je n’ai rien entendu. Il est temps de retourner vers le balcon.Matthias donne les consignes pour la remontée avec poignée et jumar. À peine expliqué, les initiés attaquent la montée l’un après l’autre sans aucune difficulté. Matthias réceptionne nos invités en haut de la corde, tandis que Dani répartit le groupe dans le boyau. Tout en bas, Maïwenn prépare et gère la partie vidéo de la remontée.
 

À 17h, l’heure de la sortie a sonné : après presque 3h sous terre, le groupe regagne l’extérieur. Chacun se détache de son équipement avant de se diriger vers le club, où un goûter/apéro nous attend. Question de point de vue ! Malheureusement, le temps est compté pour nos deux initiés héraultais, qui quittent rapidement le club. De notre côté, nous nous activons au nettoyage du matériel avec une efficacité incroyable ! Un groupe comme ça, c’est extra !
 

Place à la bière, la pizza chauffe, les ventres grondent. Triste nouvelle pour Gabin : son père vient d’arriver et le presse de rentrer au plus vite à la maison. Vite, il faut le ravitailler. Un verre de coca à la main et une part de pizza brûlante dans l’autre, il quitte le local tel une F1. À la prochaine ! Pour nous, la soirée se poursuit par des discussions sur les prochains projets : le nouveau chantier de désobstruction du lendemain et des idées d’aménagement du club. Presque 2h sont passées à discuter, il se fait tard. Mes deux initiées et moi reprenons alors la route vers Mazamet. Lola a encore 1h30 de route depuis Mazamet pour rejoindre le nord de Toulouse : du courage, il lui en faut. Heureusement, elle en embarque un peu dans son sac grâce à notre super pâté du SCMNE, qui saura régaler ses papilles et revigorer son énergie.
 

Une superbe sortie, un groupe motivé, et de beaux souvenirs partagés : merci à tous !

 


Explication de Matthias



Le fameux crâne "collé" dans la calcite !

Radioactive ?


Les gours




 


Sortie Sorèze – Grotte du Calel – 22 mars 2026

Rédacteur : Pascal
Participants : SCMNE : Julien, Daniel, Anne-So, Cédric, Paul, Matthias, Pascal C, Pascal H.  SRSASR : Frédéric, Romain, Hugo. (+ 2 filles et un garçon -prénoms à venir...). SSCB : Dominique, Jérémie.
But : Connaître la grotte du Calel
Localisation : Sorèze
TPST : 5 h
 
 
Grotte du Calel

Nous connaissions tous au SCMNE, bien évidemment, l’existence du Calel à Sorèze, mais les jeunes ne connaissaient pas ; pas plus que les « nouveaux anciens »… Comme nous travaillions depuis quelques temps avec les Sorézois (surtout avec les furieux du club…), ben tout s’enclencha et une sortie fut programmée pour le 22 mars : les Sorézois étant les gestionnaires de la grotte.

RDV à Sorèze.

9H30 à leur local.

De mon côté je rencontre Romain sur le grand parking de l’église et aussi Hugo qui émerge des limbes du fond de sa fourgonnette aménagée.

Viennent les filles et un jeunot tout jeunot… 

Un vieux copain du SSCB de Brassac accompagné d’un de leur membre, est aussi de la partie.

Les gars de mon club rappliquent,

Et aussi Frédo le Prési du SRSASR,

Bref, tout le monde arrive… 

Blablabla, cafés, grignotages de croustade et d’autres comestibles sucrés, puis nous partons en direction du CALEL: la grotte emblématique des Sorézois !

Après un long trajet sur des chemins caillouteux, nous arrivons sur une espèce d’esplanade naturelle où nous pouvons garer nos véhicules ici et là.

Nous nous équipons…

Marche d’approche de quelques centaines de mètres sur le plateau du causse et nous arrivons à la doline, où, au fond, se trouve l’entrée de la grotte fermée par une grille…

Petite explication sur cette grotte/mine, car il y a eu dedans extraction de minerai.

Je pique des infos sur leur inventaire Lauragais :


*Le contexte géologique*

Les calcaires qui ont permis la formation de la cavité sont très anciens (Géorgien supérieur - environ 540 millions d'années), et se sont déposés au fond de l'immense mer cambrienne. Une importante série sédimentaire calcaréo-dolomitique dépasse par endroit les 500m de "puissance". Ces terrains karstiques sont assimilables aux calcaires à "Archaeocyathus".

Par contre nous sommes sûrs de la présence de l'homme dans la grotte au Moyen Age, présence attestée par de nombreux témoignages découverts notamment en 1966 et 1973 (dès 1952 P. Malifaud et son équipe avaient signale la présence de traces humaines). Vers le XIIème siècle en effet, des adultes mais aussi des enfants âges de 8 ans environ ont parcouru de nombreuses galeries dans la grotte. Près de 70% du réseau actuel était déjà connu, non pas par pur esprit d'exploration mais certainement dans un but utilitaire : il s'agissait d'une mine de fer. Ainsi au XIIème siècle, ces hommes ont fabriqué des escaliers en pierre, des ponts, des rigoles pour évacuer l'eau. des échafaudages en bois, etc.. Plusieurs poteries intactes ont été découvertes en 1966 et 1973, poteries qui permettaient de transporter de l'eau potable ou plus vraisemblablement de l'huile d'éclairage (ils se servaient aussi de torches).

Voilà pour l’histoire, sinon allez jeter un œil là ! : http://www.lauragais-patrimoine.fr/SPELEOLOGIE/INVENTAIRE10.html#BALAYE

***

Il est vrai qu’il est inconcevable pour « les petits pieds mous » que nous sommes devenus d’imaginer ces hommes qui gravissaient des parois très hautes sur des échafaudages de fortunes, puis d’aller gratter tout en haut dans les plafonds des tonnes de minerai qu’il fallait ensuite ressortir au dehors avec l’aide de sacs de toile de jute ou du même genre… Dire que nous on râle avec nos kits avec trois merdouilles dedans… C’est incroyable tout ce qu’ils ont pu enlever comme minerai ! On constate encore des marches bien en place…

Ensuite, nous nous enfonçons vers le fond et dans la grande salle des buses nous faisons une halte pour se restaurer, et, une fois nos hémoglobines calorifiées, nous rejoignons la rivière : j’aime les rivières dans les grottes : c’est leur sang ! Il y a un méandre très joli dans lequel coule la rivière. Quelques petites étroitures très mouillées à passer. Un pont de singe sur le lac… et retour vers la sortie…

Ballade très sympa ; évidemment nous ne sommes pas sur du « pur sportif », mais plutôt dans une machine à remonter le temps, où tu te poses des questions, où tu rentres dans des réflexions historiques sur ce lieu… Tu visualises ces araignées humaines qui grimpaient de partout dans les hauteurs les plus dingues pour décrocher ces minerais, juste éclairés par des torches végétales ou des lampes à huile… Pour notre imagination : tout un spectacle, pour eux : une survie !

***

Nous en profitons pour aller faire un tour du côté de Polyphème, une partie du Calel dont l’entrée se trouve également dans une autre doline… ça donne envie : mais ce sera pour la prochaine fois !




















Photos de Julien.H. 

Nos remerciements aux gars de Sorèze !