Rédacteur : Pascal
Participants : Jean
et Pascal
But : Revoir le
réseau Jean-Marie Coste (Perte de Resse)
Durée : 6 Heures
vidéo : Partie 1 - Le laminoir
Vidéo partie 2 - Le puits du "crapaud".Voyage au bout de
l’enfer !
Non, ce n’est pas le
film avec De-Niro, Christopher Walken et Meryl Streep, je me réfère
à ce « jodido » réseau qui te brutalise, qui t’écorche,
qui te frappe, qui te concasse os et articulations… Ce n’est pas
non plus le « : « Noooord !!! », c’est : LA PERTE DE
LA RESSE !. Bon, certainement y a pire tu me diras, mais nous,
nous prenons de la bouteille et devenons plus friables… Déjà,
cela commence par des boyaux étroits dès l’entrée, ensuite, une
étroiture en chaise nous amène dans un premier laminoir de sable
pierreux, et nous arrivons transversalement au laminoir/rivière :
une trentaine de mètres à parcourir en rampant dans l’eau froide
et les galets… L’erreur que nous avons commise, c’est d’être
partis sans petit « casse-croûte ; les calories se
foutent vite le camp lorsqu’on est trempé et martyrisé par les
efforts et la fatigue… Sans compter que lorsque tu sors du
laminoir, faut se taper tout le réseau trempé et ce n’est pas
agréable ; Nous n’avons donc aucune barre de céréales
rien ! Juste Jean, un thermos de café « sans sucre » !!!
Bref, après une petite escalade, nous atteignons un méandre
majestueux, très long, très haut, avec une rivière grondante qui
ensuite s’engouffre violemment dans un petit puits
infranchissable, mais il suffirait de casser un morceau de calcaire
pour pouvoir s’y faufiler... Mathias peut-être ? Je sais qu’il y a quelque chose à
voir de ce côté-là...
Plus loin...
Jean descend un
petit trou exigu tandis que mézigue passe par une petite entrée
triangulaire sur le côté de la galerie (que je connaissais déjà).
Je lime mes coudes et mes genoux sur le calcaire qui fait mal puis je
rampe dans une vasque d’eau (j’aurais mieux fait de suivre Jean)
pour enfin, tous les deux, accéder au puits du crapaud ! Un
puits tout rond, tout lisse, tout blanc, 2 m de diamètre -peut-être
un peu plus, pour 3 de profondeur. Une corde avec un seul nœud est
amarrée par deux trous naturels dans la roche, elle arrive au tiers
du puits, et elle est à moitié calcifiée, elle date de Mathusalem : démerdez-vous
avec ça ! De toute manière on décide d'y descendre, Jean en premier :
il adore tester ! Une fois au fond, une galerie nous cligne de
l’œil. En avant ! À quatre pattes, du calcaire, du sable, on se relève, un
étroit méandre apparaît et nous le franchissons, encore un passage
sur les genoux et Jean, un peu plus en avant, qui me dit : « Il
y a de l’eau ! J’entends même un bruit sourd ! ».
Effectivement, vers la gauche, par delà le nouveau laminoir, un bruit
sourd se fait entendre (?) « Peut-être la cascade que nous
avons vue dans la galerie supérieure s’engouffrer dans le trou ? »
qu’il rajoute. Je ne sais pas quoi penser, nous sommes pourtant
loin de la perte… Puis il est
difficile de s’orienter depuis là où nous nous trouvons -car il
n’existe encore aucune topo de l’endroit… Jean, qui ne peut
s’empêcher de passer partout, pourtant fatigué, trempé, décide
quand même d’avancer dans le laminoir et de passer la voûte
mouillante sur la gauche. Il chasse ensuite un énorme amas de mousse
dans un bruit d’hippopotame qui s’ébroue… ça me fait me
marrer ! De mon côté j’ai zieuté un truc pas possible à
observer où il faut se contorsionner pour mettre un bout de tête
dans une étroiture juste au-dessus au début du laminoir, et
sur la gauche j’aperçois un départ et pleins de galets marrons ;
signe que ça descends de cette galerie… -Jean essaiera de péter un
morceau de roche, mais très difficile à briser, il faudrait des
éclateurs que nous n'avons pas amenés. À la masse et au burin on ne peut pas travailler dans ces
conditions, surtout en étant dans l’eau… Donc, Jean revient et
après un dédale de petites galeries, nous revenons au puits. Nous
parvenons à le remonter mais : pfouuu, s’il n’est
pas profond, il est chiant ! Pas d’autres mots...
Chose curieuse, nous
nous sommes retrouvés dans l’affluent fossile sans même
être passés par la salle des cierges. Et inutile de narrer le
passage dans la boue et passons directement à l’effroyable
« Metrolito ». C'est quoi ça ? Ben un truc comme le purgatoire. Un truc pour
que les spéléos en chient. Plusieurs centaines de mètres dans une
galerie certes jolie, au plafond tellement plat que même l’homme
avec ses machines ne serait capable de reproduire, mais qui
t’oblige à la parcourir le dos courbé et la tête de travers
(merci l’arthrose et autres joyeusetés physiques). Une fois arrivé
au terminus, à la salle des vieux gours, la salle du lac et celle
des éboulements, ben faut retourner… À l’aller, si ça peut le
faire, au retour, crevé, imbibé, en hypo-de-tout, alors là tu commences à
savoir ce que veut dire le mot Enfer ! Le purgatoire, c’est
juste à l’aller. T’as beau te dire que tu n’es pas une fiotte, et
patati et patata, t’es à la limite de couiner ta race ! Même
ton casque semble peser une tonne ! Les cuisses ? Ça brûle ! Le dos, les cervicales ? Ah ah, je me gausse, marche ou crève, d'ailleurs t’as pas le choix ! Et HEUREUSEMENT qu'on n'a pas les perfos, les mèches, les bouteilles d'eau et tout l'attirail habituel ! Alors, là, je laisse tout parterre...
Ceci dit, voilà un réseau
qui reste à explorer, à désobstruer. Je pense que le potentiel est
là et réel. Les eaux colorées ont été retrouvées à la
résurgence d’EnSire, ce qui veut dire que plusieurs kilomètres de galeries reste à
découvrir. Nous pourrions nous enorgueillir de talonner aux fesses la grotte du Calel à Sorèze...
Lorsqu’en fin nous
sortons, il est 20:00 h. Nous ne sommes plus des hommes, mais des loques
humaines ! - Oh ça va, j’exagère, c’est pour rigoler, la
« Pierre Saint martin » ça doit être pire, non ?
AH, ils sont tout le temps debout ? Ouais peut-être… En tous
les cas nous sommes trempés, enduits de boue et de sable… et avec
une seule envie : se taper une tonne de sucre ! (Je sais
Brigitte, je sais, le sucre c’est pas bon...)